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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.J
soupçonna le principal coupable; on rejeta sur la cour cesindignes manœuvres, et le peuple fit retomber toute sa co-lère sur les hommes notoirement désignés pour avoir spéculésur la famine. Le ministre Foulon, et son gendre Berthier,intendant de Paris , furent les premiers qu’atteignit la jus-tice populaire : l’un fut arrêté à Véry, près de Fontainebleau ;l’autre à Compïègne , au moment où ils cherchaient à s’échap-per de France. Foulon, ramené à Paris , comparut devant unecommission extraordinaire réunie à l’hôtel de ville. Le gé-néral la Fayette essaya vainement de le sauver; au momentoù il venait d’obtenir qu’on le conduirait à l’Abbaye, etqu’on retarderait la condamnation pour instruire l’affaire etdécouvrir ses complices, une bande, partie du Palais Royal ,fit irruption dans la salle, et l’un des hommes qui la compo-saient, se détachant du groupe, s’avança vers le bureau :« Vous moquez-vous ? s’écria-t-il en fixant la Fayette ; qu’est-» il besoin de jugement pour pendre un scélérat jugé depuis» trente ans? » Puis, sur un signe énergique, quatre de sescompagnons se jetèrent sur Foulon, le traînèrent sur laplace, et l’attachèrent â là fatale lanterne suspendue au coinde la rue de la Vannerie.
Ce drame était à peine terminé, qu’un autre cpmmen-çait. Berthier franchissait la barrière et entrait dans Paris ,escorté par une population innombrable qui s’était recrutéesur la route. On jetait dans sa voiture des morceaux de painnoir et dur, en lui criant : « Tiens, malheureux, le voilà ce» pain que tu nous faisais manger ! » On dressait devant luides-bannières chargées d’épithètes infamantes, ou sur les-quelles étaient tracées les phrases suivantes : « Il a volé la