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[XVI11.S.] GRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 235

vageaient le royaume. Walkenaër affirme de son côté qu’aucommencement de la révolutiou, le ministre Pitt obtintdu parlement un subside de vingt-cinq millions de livres,dont il ne devait pas rendre compte, et qu’il prétend avoirété employés à soutenir la faction d’Orléans , parti étrangequi n’offrait aucune chance de liberté publique, qui ne pro-mettait qu’un changement de dynastie au lieu d’un change-ment de gouvernement, et qui, en arrivant au pouvoir,laissait debout toutes les oppositions de l’hérédité reconnue,et assurait ainsi une longue suite de divisions, de discordesintérieures, sans autre but que le choix d’un maître infâmeet l’asservissement de la France à l'Angleterre. L’abbé deMontgaillard, Laurentie et une foule d’autres écrivains s’ac-cordent également à représenter Louis-Philippe commel’agitateur de la France , comme l’instigateur le plus ardentdes scènes tragiques du mouvement révolutionnaire.

Il paraît donc indubitable, d’après tous ces témoignages,que le prince s’efforçait de pousser la révolution dans tousles excès de l’anarchie, afin de rendre la liberté odieuse àla nation. Il demeure prouvé que ce misérable se fit le con-tinuateur de la politique machiavélique de la cour, devint lechef des monopoleurs; que ses agents parcoururent laFrance , accaparèrent les grains, en firent des approvision-nements considérables, et à une époque déterminée les diri-gèrent sur les ports de l’Océan, d’où ils furent embarquéspour les îles de Jersey et Guernesey , et déposés dans d’im-menses magasins.

On ne tarda pas à s’apercevoir du manège des accapareurs,à cause de la recrudescence de la disette; mais personne ne