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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.]

soir, muni de son récépissé, et monta dans une voiture quil’attendait près du bois de Boulogne . Les chevaux l’entraî-nèrent vers la forêt du Vésinet; mais arrivé dans un lieuécarté, des hommes embusqués sautèrent aux brides, arrê-tèrent la voiture, en firent descendre l’agent de change, etcommandèrent au postillon de repartir au galop.

« Un instant après, dit Montjoie, un coup de pistolet re-» tentit dans la forêt, et Pinet tomba baigné dans son sang,« sa tête portant sur un tronçon d’arbre coupé à fleur det) terre. On le crut mort, on le fouilla, et l’on s’empara de» la reconnaissance, qui fut portée au duc d’Orléans . » Lelendemain, des cultivateurs se rendant au marché, trou-vèrent l’infortuné respirant encore; ils le portèrent à unelieue de là dans une chaumière, et coururent chercher unmédecin, qui lui prodigua les secours de l’art. Mais tous lessoins furent inutiles; le blessé ne recouvra ses esprits quependant quelques minutes, et ne put prononcer que ces pa-roles: « Le scélérat!... Mon portefeuille! mon portefeuille! »Puis il expira.

Comme plusieurs personnes avaient eu connaissance dudépôt, on s’empressa de réclamer le portefeuille au ducd’Orléans . Celui-ci nia effrontément qu’il eût jamais rienreçu, et renvoya les créanciers de Pinet. L’affaire avait étéadmirablement conduite; il ne restait aucune trace du vol nide l’assassinat : cependant quarante millions avaient été dé-robés, et quinze cents familles, qui avaient confié leurs fondsà l’agent de change, se trouvaient ruinées d’un seul coup.

« Beaucoup de gens, dit le ministre de la marine, Ber-trand de Molleville , dans ses mémoires, mirent ce crime sur