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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.]

avoir de lendemain. L’infâme duc d’Orléans, n’ayant puamener le ministre à son parti, fit répandre d’odieuses ca-lomnies contre le Genevois , et intrigua si bien, qu’après sondépart pour Versailles , l’enthousiasme tomba et fit place à ladéfiance.

Dans la soirée, on alla jusqu a accuser Necker de s’êtrevendu à la cour, et d’avoir promis à la reine de faire rétro-grader le char révolutionnaire. On lui imputa à crime d'avoirdemandé la grâce du baron de Bezenval, arrêté pour crimede lèse-nation, et d’avoir fait décréter une amnistie pour lesmisérables qui avaient spolié le peuple. Gomme les électeursde Paris remettaient le jour même leurs pouvoirs munici-paux à une assemblée de cent vingt membres, composée dedeux députés envoyés par chacun des soixante districts,d’Orléans profita de Ja circonstance pour aigrir les espritsdes nouveaux représentants, et parvint à leur faire révoquerl’édit d’amnistie.

Ainsi, grâce aux menées du prince, une journée suffit pourenlever à Necker sa popularité et le mettre au même rangdans l’opinion que les ministres Montmorin, Saint-Priest, laLuzerne, qui avaient été rappelés avec lui. Du reste, la couravait composé son nouveau ministère d’hommes qui étaienten exécration au parti de la démocratie; Champion de Cicé et le Franc de Pompignan, l’un archevêque de Bordeaux etl’autre de Vienne, venaient d’être investis, le premier de lacharge de garde des sceaux, le second de la feuille des bé-néfices; M. de Ja Tour du Pin-Paulin avait été élevé au dé-partement de la guerre, et le maréchal de Beauvau introduitau conseil.