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JXVIII.S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 245

refoulèrent à Montmartre plus de dix-sept mille ouvriers sansouvrage, sous prétexte qu’ils n’étaient point originaires deParis ; doublèrent les postes et établirent des batteries auxbarrières, les canons chargés à mitraille, afin de réprimertoute tentative d’insurrection. Malgré ces manœuvres duparti royaliste, les idées libérales faisaient chaque jour d’im-menses progrès; et quoique le roi n’eût pas donné son adhé-sion aux décrets rendus par les députés dans la séance du4 août, le peuple avait pris au sérieux la suppression desprivilèges. Déjà l’Assemblée nationale s’était déclarée Assem-blée constituante et avait commencé d'importantes réformes.Elle avait supprimé les ordres militaires, les livrées, les ar-moiries ; elle avait décrété la liberté de la presse et des cultes;elle avait ouvert la discussion sur les droits de l’homme, etavait même déjà abordé la fameuse question sur les attribu-tions de la puissance royale.

Dès l’ouverture des débats, les partisans de la sanctionabsolue vinrent s’asseoir à la droite du président, et tous lesantagonistes à gauche, pour indiquer leur divergence d’opi-nions. Cette question était en effet fondamentale pour la con-stitution. Si le veto était rejeté, il demeurait évident que lemonarque n’était plus libre de refuser les décrets de la Con-stituante, par conséquent la monarchie n’existait plus quede nom, et la France , au lieu d’obéir à un roi, allait être gou-vernée par un président de république, chargé de faire exé-cuter la volonté nationale; au contraire, s’il était adopté, leprincipe de la souveraineté du peuple se trouvait anéanti.Le club du Palais-Royal , habitué à donner le ton aux réu-nions politiques de la capitale, ne resta pas inactif dans cesx. 32