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246 HISTOIRE DES PAPES. [XV1II.S.]

circonstances, et décida qu’une députation imposante, prisedans ses membres, se rendrait auprès des représentants pourleur annoncer qu’il existait parmi eux une ligue nombreusesalariée par Marie-Antoinette et décidée à faire passer l’in-fâme veto, que le peuple connaissait les traîtres, et que s’ilsne renonçaient à leur projet liberticide, quinze mille hom-mes viendraient leur demander compte de leur conduite.

Le marquis Saint-llurugues, chargé de porter cette mo-tion, réunit environ quinze cents jeunes gens, et vers lesdix heures du soir se disposa à partir pour Versailles , Maisles agents secrets de la municipalité avaient déjà fait leurrapport sur cette manifestation à l’hôtel de ville, et la Fayetteavait renforcé les postes, barré les rues par des grenadierset du canon, et fermé les routes par de la cavalerie. Les mo-lionnaires, qui étaient sans armes, furent repoussés facile-ment et obligés de rester à Paris . Néanmoins leurs réclama-tions parvinrent à la Constituante et lui imprimèrent unecrainte salutaire. Les députés n’osèrent pas résoudre laquestion en faveur de la monarchie, et prirent un termemoven, qui fut de décréter le veto suspensif.

Des bruits d’une nature plus grave vinrent encore aug-menter l’agitation populaire : il s’agissait de la découverted’une nouvelle conspiration royaliste. Un journaliste répu-blicain, Loustalot, la signala dans un article virulent, où ildisait : « La persistance des grands seigneurs émigrés et leurs» voyages de cour en cour ont pour objet de former une» confédération entre plusieurs princes pour venir, à la tête» des troupes étrangères, fondre sur la France et rétablir» l’ancien ordre de choses. Ce projet plaira à tous les des-

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