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HISTOIRE DES PAPES.
(XVIII. S.]
toute nature, par des travaux prodigieux, par l’usage con-stant de préparations aphrodisiaques; enfin qu’il avait étéemporté par un dernier excès de débauche. Sa mort futl’objet d’un deuil général. Le peuple oublia ses trahisonspour se souvenir des services qu’il avait rendus à la cause dela liberté; les haines semblèrent amorties sur sa cendre;toutes les opinions se réunirent pour célébrer ses funérailles.L’Assemblée nationale lui décerna à l’unanimité et par ac-clamations des honneurs extraordinaires. Il fut décrété queses restes seraient déposés dans l’église Sainte-Geneviève,qui reçut dès lors la dénomination de Panthéon , et fut desti-née à conserver les dépouilles mortelles des citoyens illustresqui avaient bien mérité de la patrie.
La cour, privée de son intrépide défenseur, désespéra dedominer la position, et songea à réaliser ses projets de fuite,mais en prenant de telles précautions qu’un nouvel échecdevînt impossible. Voici la ruse machiavélique dont on seservit. Le roi, à un jour déterminé, envoya prévenir l’As-semblée nationale qu’il désirait se rendre à Saint-Cloud pourfaire ses pâques, et sans plus de mystère il ordonna les ap-prêts de son départ et monta avec sa famille dans sa voi-ture. L’annonce de cette retraite à Saint-Cloud se répanditrapidement dans Paris ; les gardes nationaux accoururentaux Tuileries, arrêtèrent le carrosse royal, et forcèrentLouis XVI, Marie-Antoinette et leurs enfants à rentrer dansles appartements. C’était précisément ce qu’on désirait.L’empressement de la milice à s’opposer au départ du mo-narque eut pour effet de convaincre les patriotes qu’ils pou-vaient compter sur elle pour réprimer toute tentative d’éva-