[XVIII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 28'»
eennes, pour faire une utile diversion et rendre d’autantplus facile l’évasion du roi. La vigilance des citoyens fitéchouer ce complot si bien ourdi, si laborieusement com-biné ; les sentinelles, étonnés de voir une multitude de gensbizarrement accoutrés pénétrer dans le palais, en conçurentdes soupçons, et avertirent les chefs de postes de ce qui sepassait. Ceux-ci donnèrent à leur tour l’alarme au dehors,demandèrent des renforts, et quand ils furent en nombresuffisant, ils cernèrent les issues du château, firent des per-quisitions dans les appartements, arrêtèrent trente des plusmutins, et chassèrent la foule des conjurés à coups de crosse.Cette conspiration avortée n’eut d’autre résultat que derendre la surveillance plus active autour des Tuileries, et defaire décréter l’armement des places frontières, et l’organi-sation d’une armée révolutionnaire.
Un autre coup bien plus terrible allait frapper la cour :Mirabeau se mourait. Cet homme extraordinaire, assem-blage de vertus et de vices, de grandeur et de bassesse, s’é-teignit dans sa quarante-deuxième année, au moment où sonconcours devenait de plus en plus nécessaire à la monarchie.Les royalistes ne manquèrent pas de répandre le bruit queMirabeau avait été empoisonné par le club des Jacobins , etplusieurs journaux se firent les échos de cette calomnie. Maisune pièce irrécusable, le procès-verbal d’autopsie fait par lesavant docteur Cabanis, en présence des médecins Petit etVicq-d’Azyr , de plusieurs chirurgiens et représentants, dé-ment complètement celte assertion. Il demeura prouvé parl’inspection des intestins et du cœur que depuis longtemps
sa robuste constitution avait été minée par des excès de
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