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[XVIII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 289

tement. Celui-ci n’osa pas donner l’alarme sur l’heure; illaissa partir les voitures et se dirigea par un chemin de tra-verse sur Varennes, dont elles avaient pris la route. À onzeheures du soir, le cortège déboucha à Yarennes; Drouetl’avait devancé et s’était entendu avec le maître de poste dulieu. L’éveil avait été donné, les officiers municipaux étaientsur pied, les gardes nationaux en armes, et le tocsin sonnaità toutes volées pour appeler les populations. Louis XYI futarrêté, conduit dans la maison commune et constitué pri-sonnier avec toute sa famille. Le lendemain, on fit reprendreau cortège le chemin de Paris . En route, il fut rejoint partrois députés, Barnave , Latour-Maubourg et Péthion, quiavaient été envoyés à la rencontre du roi par l’Assembléenationale à la nouvelle de l’arrestation.

(« Notre marche a été lente, dit Barnave dans son rap-« port à la Constituante, à cause de l’affluence des citoyens» qui se pressaient sur notre passage ; mais je dois dire que» la conduite des populations a été admirable ; aucun cri me*>) naçant ne s’est fait entendre, aucune parole outrageante» n’a frappé nos oreilles.» Ce rapport a détruit les asser-

tions mensongères des détracteurs du peuple, qui préten-dent que Louis XYI fut abreuvé d’insultes, et mérite d’au-tant plus de créance qu’il émane d’un homme qui avait subil’influence des charmes de Marie-Antoinette . En effet, dansle court trajet de Varennes à Paris, Barnave avait conçu uneviolente-passion pour l’Autrichienne, et de républicain fou-gueux était devenu ardent défenseur de la royauté.

Le cortège entra à Paris le 25, à sept heures du soir, ac-compagné par une foule immense qui gardait le plus profond