[XVIII. S.] CRIMES DES ROIS, DES REINES et des EMPEREURS. 291
Bailly et la Fayette, effrayés de cette manifestation, sehâtèrent de l’arrêter en amenant une collision entre les ci-toyens et la force armée. Ils profitèrent du rapprochementqui venait de s’opérer entre la cour et la milice bourgeoise, sedirigèrent sur le Champ-de-Mars, à la tête de nombreuxbataillons, où ils avaient répandu des aegnts de police dé-guisés en militaires; puis, arrivés devant les attroupements,ils publièrent la loi martiale. Au lieu de se retirer, le peuplecouvrit de huées le commandant général et fit retentir lesairs des cris : « A bas le drapeau rouge ! à bas les baïon-nettes! » La Fayette ordonna alors aux troupes de faire
feu ! ! !. Ensuite il commanda une charge à la baïonnette
et déblaya l’esplanade et les glacis.
« Deux mille cadavres d’hommes, de femmes, de vieil—» lards ou d’enfants furent relevés pendant la nuit, » ditSaint-Just dans un rapport qu’il lit plus tard à la Convention.
La majorité de l’Assemblée nationale, qui était gagnée àla cour et qui depuis la mort de Mirabeau suivait l’impulsionde Barnave, approuva la conduite sanguinaire du comman-dant de la garde nationale, et rendit plusieurs décrets contreles journalistes et contre les clubs qui avaient pris la défensedes victimes. Elle continua ensuite ses travaux, et le 15 sep-tembre de cette même année 1791, elle présenta son pro-jet de constitution à la sanction royale. Louis XVI n’hésitapas à donner son adhésion à l’acte constitutionnel, et le len-demain il vint en personne dans l’Assemblée, accompagnéde tous ses ministres, prêter serment à la constitution en cestermes ;
« Je viens consacrer ici solennellement l’acceptation que