Band 
X.
Seite
292
JPEG-Download
 

292

HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.]

»> j’ai donnée à l’acte constitutionnel. En conséquence, je» jure d’être fidèle à la nation et à la loi; d’employer tout le» pouvoir qui m’est délégué à maintenir la constitution dé-» crétée par les représentants du peuple et à faire exécuter» les lois. »

Mais dans le moment même où le monarque s’engageait,sous la religion du serment, à maintenir au dedans et à dé-fendre au dehors les droits de la nation, il intriguait auprèsdes souverains de l’Europe , réunis à Pilnitz, dans le but deformer une coalition contre ia France , et appelait de tousses vœux l’invasion. Le comte de Provence et le comte d’Ar-tois étaient chargés des négociations. Nous donnons le texted’une de leurs lettres pour bien faire comprendre queLouis XVI , que les écrivains royalistes persistent à nousreprésenter comme étranger aux intrigues de ses frères,était, au contraire, fort bien instruit de leurs machinations.Cette missive, trouvée dans la fameuse armoire de fer, avectant d’autres pièces importantes, était datée de Schœn-bornlust, près de Coblentz .

« Nous nous empressons d’apprendre à votre majesté,» écrivaient-ils, que les puissances dont elle a réclamé les» secours sont déterminées à employer leurs forces pour» comprimer les révolutionnaires de France ; que l’empe-» reur d’Allemagne et le roi de Prusse, le sage Léopold et» le digne successeur du grand Frédéric, viennent d’en con-» tracter l’engagement, et que les autres cours sont dans les» mêmes dispositions.

» Sire, les intentions des souverains qui vous prêteront» l’appui irrésistible de leurs armes sont droites et pures;