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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
le comte d’Artois, l’ex-ministre des finances Calonne, levicomte de Mirabeau et plusieurs nobles émigrés furent dé-crétés d’accusation.
Cette fois Louis XVI n’osa pas entrer en lutte avec l’As-semblée législative , à cause de l’état d’exaspération des es-prits; il feignit au contraire de céder à un mouvement d’in-dignation, se rendit le lendemain à la séance, proposa dedéclarer la guerre aux princes qui donnaient asile aux émi-grés, et de charger des préparatifs de la campagne le mi-nistre Narbonne , conjointement avec le général la Fayette.Les conseillers de la couronne avaient eu soin, pour faire ap-puyer cette motion, de garnir toutes les tribunes d’escouadesde mouchards; aussi le discours du roi fut-il accueilli pardes applaudissements frénétiques. Un grand nombre de dé-putés tomba dans le piège et se rangea de l’avis du mo-narque. Le peuple, travaillé au dehors par les entrepreneursd’émeutes et les écrivains stipendiés, demanda également laguerre à grands cris.
Billaud-Varennes et Robespierre avaient seuls pénétré lesintentions machiavéliques de la cour; ils les dénoncèrent àla tribune, et cherchèrent à démasquer les traîtres qui pous-saient la France dans une guerre européenne au moment oùl’on savait les places fortes dégarnies de canons et ouvertes àl’ennemi ; au moment où le matériel et le personnel de l’ar-mée réclamaient une nouvelle recomposition, où les gardesnationales étaient sans équipement, où la marine était en-tièrement désorganisée, où la Vendée était en pleine insur-rection et les provinces voisines travaillées par les contre-révolutionnaires.