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[XVIII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. SGI

Leur voix ne lut pas écoutée, la cour l’emporta, et le mi-nistre Narbonne obtint l’autorisation de se rendre sur lesfrontières pour veiller aux approvisionnements et aux répa-rations des places fortes, ou plutôt pour les démanteler etenlever toutes leurs munitions, pendant que l’Assembléelégislative se disposait à lancer son manifeste de guerre.D'autre part, des agents secrets envoyés auprès de Léo-pold II, frère puîné de Marie-Antoinette, empereur d’Alle-magne , se réunirent au comte d’Artois, qui était alors àVienne , et le décidèrent à publier une déclaration en faveurde Louis XVI. La lutte était imminente, et la France allaitse trouver envahie par les armées étrangères, lorsque heu-reusement la Providence prit sous sa protection le grandpeuple et déjoua les complots des tyrans en frappant d’unemort soudaine Léopold II . Cet événement déconcerta le partiabsolutiste, réveilla l’ardeur des patriotes, et amena desdivisions dans les conseils intimes du roi. Par suite de cesquerelles, Narbonne et Cahier de Gerville furent contraintsde donner leur démission, et le ministre des affaires étran-gères Delessart fut mis en accusation par les chefs du partigirondin, Brissot, Isnard, Vergniaud, Guadet et autres, quise vengeaient ainsi de ce qu’il avait refusé d’acheter leursvotes six mille livres par mois.

Louis XVI voyant son ministère désorganisé et sa personneconstamment en butte aux dénonciations des girondins, ima-gina, pour émousser leur malveillance et pour éloigner leurssoupçons, de montrer une extrême déférence à leurs volon-tés , et de choisir ses conseillers dans leurs rangs. 11 nomma

aux affaires étrangères le général Dumourier , l’une des créa-

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