[XVIII. s.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 315
présence même* puis elle avait continué ses délibérationsavec calme et dignité. Quant à Louis XYI, il faisait une lé-gère collation avec sa famille, dans la loge du logograplie,placée à côté du président, pendant qu’on s’égorgeait audehors, et ne laissait apercevoir aucune altération sur sa fi-gure apathique.
Le peuple fut aussi grand après la victoire que pendant lecombat; aucun des objets précieux qui se trouvaient dansle château ne fut égaré ; l’or, les diamants, les riches habits,les sacs d’argent, furent religieusement portés à l’Assembléelégislative . Il était beau de voir ces hommes, 'quand tout futterminé, sortir de cette somptueuse demeure, les pochesrenversées, les vestes déboutonnées, et s’écriant : « Nous» sommes tous d’honnêtes gens ; nous avons pris les armes,» non pour voler, mais pour conquérir la liberté ! » A ge-noux, bourgeoisie rapace et égoïste, à genoux, noblesse cu-pide et insolente, devant la probité de l’homme du peuple !
Vers deux heures et demie du matin, la famille déchue,qui n’avait point quitté l’Assemblée nationale, fut conduitedans l’appartement de l’architecte des Feuillants , où on luipermit de se faire servir, suivant l’ancienne étiquette, par desnobles. Au 13 août, on transféra Louis XVI, Marie-Antoi-nette , leurs enfants et Madame Élisabeth à la tour du Temple,où ils furent constitués prisonniers.
Ensuite on s’occupa de la vérification des papiers, descorrespondances et des pièces saisies aux Tuileries dansla journée du 10 août. Bon nombre de traîtres, qui decette manière allaient se trouver démasqués, n’attendirentpas que le travail des commissaires lût achevé, et se sait-