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[XVIII S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 319

qui attendaient dans la cour, armés de piques et de sabres.Aux Carmes, à Saint-Firmin, au cloître des Bernardins,à la Salpêtrière , à la Conciergerie, au Châtelet et à la Force,les mêmes scènes se renouvelèrent. Quant aux femmes ren-fermées à la Petite-Force, elles furent toutes mises en liberté,à l’exception de la princesse de Lamballe, qui fut transféréeà la Grande-Force. On a prétendu que le duc d’Orléansn’était point resté étranger aux massacres qui épouvan-tèrent la capitale, ni à l’organisation des bandes qui enva-hirent les prisons. Plusieurs historiens, entre autres Matonde la Yarenne, Montjoie et Laurentie, assurent même queLouis-Philippe fut l’instigateur de la mort de la princessede Lamballe, et qu’il chargea trois de ses créatures, l’ItalienRotondo, Grison dit la Force, et un terrassier nommé Gonor,d’exécuter ses terribles volontés. Ils donnent pour motifsde la haine que le prince portait à son infortunée belle-sœur,un violent dépit amoureux, la colère qu’il ressentait de sevoir méprisé, et le désir de s’affranchir d’un douaire de centmille écus qu’il lui payait annuellement sur la fortune de safemme. Leurs assertions nous paraissent d’autant plus dignesde créance, que déjà nous avons pu voir que ce monstre nereculait point devant un assassinat pour se libérer d’unedette ou pour recueillir un- héritage. Quoi qu’il en soit, laprincesse de Lamballe fut traînée devant le tribunal quisiégeait à la Grande-Force, jugée, condamnée et décapitée.Les mêmes émissaires qui avaient accompli cette grande ini-quité placèrent la tête sur une pique et se dirigèrent vers lePalais-Royal, où se trouvait Louis-Philippe , dînant avec plu-sieurs Anglais et sa maîtresse en titre, madame de Buffon.