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HISTOIRE DES PAPES.
(XVIII. S.]
Arrivés devant la place, ils s’arrêtèrent et élevèrent leur tro-phée jusqu’à l’une des fenêtres du salon ; le duc d’Orléansparut à la croisée, contempla froidement cette sanglanteimage, s’inclina comme pour remercier les assassins, etretourna vers ses convives.
Maton de la Varenne , écrivain royaliste, a donné uneliste alphabétique, transcrite presque entièrement sur lesregistres d’écrou, des prisonniers mis à mort aux Carmes ,à Saint-Firmin, à l’Abbaye, à la Force, à la Conciergerie,au Châtelet, à Bicêtre, à la Salpêtrière et aux Bernardins;cette liste élève à mille quatre-vingt-neuf le nombre desvictimes, encore y comprend-il deux cent quatorze voleursou assassins détenus au Châtelet.
A la suite de ces terribles événements, les électeurs furentconvoqués pour nommer de nouveaux représentants et for-mer une Convention nationale. Louis-Philippe , qui songeaitplus que jamais à faire tourner à son profit les crimes pu-blics, essaya de dominer la position et de faire entrer sespartisans dans la nouvelle assemblée. Pour s’assurer dessuffrages et augmenter sa popularité, il commença parchanger son nom d’Orléans en celui d’Égalité; ensuite,comme quelques républicains repoussaient sa candidature,en prétextant sa parenté avec la famille royale, il vint solen-nellement déclarer au club des jacobins qu’il était le fds ducocher Lefranc et non un Bourbon. Du reste, on doit con-venir que ses assertions n’étaient que trop justifiées par l’in-famie de sa mère. Son fils aîné, le duc de Chartres, qui setrouvait à l’armée de Dumourier , prit le nom de généralEgalité ; toute la famille d’Orléans le porta de même.