IXV1I1.S.]
333
étaient porteurs, et dont il forma un seul faisceau, commesymbole de l’unité et de l’indivisibilité de la République .
Le lendemain de cette fête, la Convention se mit en devoird’accomplir les grandes choses que réclamait le salut de lapatrie. Le tribunal révolutionnaire fut réorganisé, des pré-cautions extraordinaires furent prises contre les royalistes,contre les partisans de la Gironde , et généralement contretous les aristocrates qui fomentaient des troubles dans lesdépartements ou qui entretenaient des relations avec les en-nemis du dehors.
Ensuite on procéda au jugement de Marie-Antoinette . Lareine fut convaincue, sur des pièces authentiques et revêtuesde sa signature, d’avoir conspiré contre la France , d’avoirdilapidé les finances de l’état de concert avec les deux frèresde Louis XVI ; d’avoir fait servir les sueurs du pauvre à payerles agents de ses intrigues criminelles, ou les objets de seshonteuses amours; d’avoir secondé les manœuvres des acca-pareurs pour affamer Paris ; d’avoir organisé des concilia-bules pour aviser, avec ses détestables favoris, aux moyensd’exterminer le peuple; d’avoir fait passer aux puissancesennemies les plans de campagne des armées françaises pourfaciliter l’invasion du territoire; enfin d’avoir abusé du fatalascendant qu’elle exerçait sur l’esprit de Louis XVI , pourlui faire adopter des mesures qui avaient pour but d’anéantirla liberté et de replacer la France sous le joug de l’absolu-tisme. En conséquence, elle fut condamnée à la peine capi-tale et exécutée sur la place de la Révolution le 25 vendé-miaire an II de la République, 16 octobre 1795.
Vingt-huit jours après, les députés girondins qui avaientx. 43