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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. s.i
» nos larmes, notre douleur, les honneurs que nous rendons» à sa mémoire, voilà le plus éloquent, le plus sublime de» tous les éloges. Citoyennes , jetez des fleurs sur le corps» pâle de Marat ; il fut notre ami, il lut l’ami du peuple,» c’est pour nous qu’il a vécu, c’est pour nous qu’il est» mort; couvrez de fleurs la tombe de Marat .»
Nous ajouterons, pour compléter ce qui a traita cet hommeremarquable, qu’à la levée des scellés on ne trouva danstoute sa maison qu’un assignat de vingt-cinq sous.
La mort de Marat n’ébranla en rien le civisme des mon-tagnards; elle leur fit sentir au contraire plus vivement quepar le passé la nécessité de sévir contre les ennemis de lacause publique, et de hâter leurs travaux. Ils se mirent àl’œuvre avec courage, terminèrent la fameuse constitutionde 93, et s’empressèrent de la soumettre à la sanction dupeuple. A cette occasion, Paris donna une fête nationale,dont le célèbre peintre David fut l’organisateur, et danslaquelle on brûla les attributs du despotisme et de l’aristo-cratie, un trône, un sceptre, une couronne, des blasons, desmanteaux de cour, des armoiries, des bonnets d’évêque, deschasubles, et tous les oripeaux dont se drapent les prêtres etles nobles pour imposer au vulgaire. En contraste, l’acteconstitutionnel de la République fut déposé dans une archesacrée sur l’autel de la patrie, avec le recensement et lesvotes du peuple français , aux acclamations de cinq cent millespectateurs,«au bruit des salves d’artillerie; puis les quatre-vingt-sept commissaires des départements s’approchèrenttour à tour de l’autel, défilèrent devant le président de laConvention, et remirent entre ses mains les lances dont ils