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continuèrent les délibérations. Ils déclarèrent nuis et nonavenus les arrêtés qu’ils venaient de prendre solennellementen présence du peuple, et décrétèrent d’arrestation les dé-putés qui s’étaient prononcés pour les insurgés; ensuite ilslevèrent la séance.
Cependant la lutte n’était pas terminée : dès le matin, desgroupes de citoyens se portèrent à l’hôtel de ville et nom-mèrent une assemblée gouvernante. Les comités, vendusaux thermidoriens, envoyèrent aussitôt des bataillons, quidégagèrent la place et forcèrent la nouvelle Commune à sedissoudre; ils ne furent pas aussi heureux dans leurs ten-tatives sur les faubourgs. Les braves sections de Saint-Antoine, de Popincourt et de Montreuil les chargèrent avecimpétuosité et les ramenèrent jusque sur la place du Car-rousel. Les insurgés, au lieu de poursuivre leur victoire, sus-pendirent l’attaque pour entrer en pourparlers avec les ther-midoriens; ils se laissèrent encore leurrer par de faussespromesses., et consentirent à retourner dans leurs quartiers,sur l’assurance formelle que la Convention allait immédiate-ment s’occuper de pourvoir à leur subsistance et, sous quel-ques jours, décréter la constitution de 1793.
Mais dans la même nuit, des détachements de hussards, dechasseurs et de dragons entrèrent à Paris ; vingt mille gardesnationaux, choisis dans les sections d’aristocrates, furentarmés, organisés et rassemblés sans tambours; et à septheures du matin, le 23 prairial, toutes ces hordes se mirenten mouvement pour tomber à l’improviste sur les faubourgset en exterminer les habitants. A l’approche d’une armée'contre laquelle toute résistance devenait inutile, la section