HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
nadiers de la gendarmerie, essayèrent de pénétrer dansl’Assemblée, mais chacune de leurs tentatives fut vigoureu-sement repoussée. Enfin les représentants se décidèrent à serendre aux vœux du peuple et à délibérer sur la pétition ;Boissy-d’Anglas quitta le fauteuil et céda la présidence àYernier. L’un des députés de la Montagne prit la parole,proposa l’élargissement des patriotes détenus et la convoca-tion des sections de Paris et leur permanence; Garnier deSaintes demanda qu’il fût défendu de vendre deux espècesde pain, l’une pour les riches, l’autre pour les pauvres, etque l’on mît en réquisition les farines qui se trouvaient chezles pâtissiers ; Goujon réclama le renouvellement des comitésdu gouvernement; Bourbotle appuya cette motion et de-manda l’arrestation des journaux stipendiés qui empoison-naient l’esprit public. Une voix cria du milieu de la foule:« Nous demandons l’aboli lion de la peine de mort. « Bour-botte déclara qu’il appuyait la proposition, pour donner unepreuve que la Montagne n était point composée de terro-ristes. Duquesnois demanda que le comité de sûreté généralelût cassé et remplacé à l’instant par quatre membres de laConvention formant une commission extraordinaire. Cesmesures ayant été adoptées, le peuple commença à évacuerles tribunes; il était près de minuit. Tout à coup un mouve-ment extraordinaire se fit sentir; trois colonnes de gardesnationaux débouchèrent à la fois dans l’assemblée, les baïon-nettes au bout des fusils, et les tambours battant la charge.En un instant la salle fut envahie et les citoyens expulsés.Les hermidoriens, restés maîtres du champ de bataille, re-prirent leurs places aux cris de « A bas les jacobins! » et