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[XVIII. S.} RÉPUBLIQUE FRANÇAISE . 3W

et qui prendraient des engagements pour le surplus; enfin,quand ils se furent enrichis par ces odieuses manœuvres, ilssongèrent à consolider leurs fortunes, en se ralliant auxroyalistes et en préparant une restauration. Mais la choseprésentait de graves difficultés, attendu qu’ils n’avaient plusde roi sous la main; le jeune dauphin ayant été mystérieuse-ment enlevé du Temple, au dire des uns, ou, suivant d’au-tres, ayant succombé le 24 prairial an III aux suites d’unemaladie scrofuleuse dont il était attaqué depuis ses premièresannées, et que l’on attribuait à de honteuses habitudes d’o-nanisme. Ils se rejetèrent sur le comte de Provence , ^qui,depuis la nouvelle de la mort de son neveu, avait pris letitre de roi de France et le nom de Louis XVIII , et entrè-rent en négociations avec lui. Cependant, ayant reconnuque le retour de ce prince était impossible à cause des ré-pulsions qu’il excitait dans le sein même de la Convention,où siégeaient un grand nombre de ceux qui avaient votécontre Louis XYI, ils durent se résigner à attendre tout desévénements, et se contenter de miner sourdement l’édi-fice social, Ils provoquèrent d’abord la dissolution des so-ciétés patriotiques; ensuite ils firent adopter une nouvelleconstitution, qui ne reconnaissait aucuns droits politiquesaux prolétaires et réservait toute puissance aux riches,comme premier acheminement au despotisme de la bour-geoisie ; en outre, pour s’assurer la prépondérance dansl’administration, ils décrétèrent que les deux tiers des mem-bres de la Convention feraient partie des deux chambreslégislatives nouvellement instituées, qui devaient siéger, l’uneaux Tuileries, sous le nom de conseil des Anciens, l’autre