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HISTOIRE DES PAPES.
(XVIll. S.]
situation exceptionnelle de l’armée était dans la directiontout à la fois prudente et énergique de Carnot, qui avait étéchargé par ses collègues des mouvements militaires et de laconduite des troupes. Ce lut lui qui conçut et mit à exécutioncet admirable plan de guerre, qui consistait à envahir le ter-ritoire ennemi en Italie et en Allemagne , pour contraindreles rois coalisés à s’éloigner de nos frontières, et pour sou-lager les finances de la République en entretenant les troupessur les provinces conquises. Il choisit pour le seconder dansses projets des généraux actifs, entreprenants, pleins d’ar-deur, etqui avaient leur réputation à faire: Jourdanfutenvoyéà l’armée de Sambre-et-Meuse ; Moreau à celle de Rhin-el-Moselle, en remplacement de Pichegru , dont on soupçon-nait déjà les liaisons avec les émigrés; le commandementen chef de l’armée d’Italie fut donné au général Bonaparte ,qui atteignait alors sa vingt-septième année, et qui venaitd’épouser Joséphine Tascher de la Pagerie , veuve du vicomtede Beauharnais .
Lejeune général se hâta d’accourir à Nice , où se trouvaitl’arrière-garde de son armée, qui attendait dans le dénûmentle plus absolu des secours d’argent et des renforts. L’effectifde ses troupes était de quarante-deux mille soldats, et ilavait devant lui l’année autrichienne forte de quarante millehommes, et celle des Austro-Sardes qui en comptait vingt-deux mille. Bonaparte commença par faire payer auxtroupes la solde arriérée afin de rétablir la confiance ; ensuiteil s’élança en avant, culbuta les ennemis, remporta les vic-toires de Montenotte, deMillesimo, de üego, de Mondovi,de Castiglione et d’autres encore; força le roi de Sardaigne