[XVIII. S.]
REPUBLIQUE FRANÇAISE.
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une communauté de biens, de travaux et de jouissances. LeDirectoire , effrayé du progrès que le babouvisme faisaitdans les masses, prit le parti d’ordonner la dissolution de lasociété. Bonaparte , général en chef de l’armée de l’inté-rieur, se trouva chargé de faire exécuter le décret, et vintlui-même procéder à la fermeture de la salle.
Celte persécution, loin d’abattre le courage des patriotes,servit au contraire à accroître leur audace, en leur démon-trant l’urgence de donner une nouvelle impulsion à leurs doc-trines pour en accélérer la réalisation. Ils instituèrent d’a-bord un comité de salut public, composé des citoyens Anto-nelli, Buonarotti, Sylvain Maréchal et Baboeuf; ensuite ilscréèrent un conseil des douze, qui avait mission de propagerleurs idées parmi les soldats, dans la milice nationale et sur-tout parmi les classes ouvrières ; enfin, quand ils jugèrent lemoment favorable, ils dressèrent un acte insurrectionnel, etse préparèrent à donner le signal de la nouvelle révolution.Malheureusement des traîtres s’étaient glissés dans leursrangs. Le ministre de la police fut instruit de ce qui se pas-sait; les chefs des conjurés furent arrêtés, transférés à Ven-dôme , jugés par la haute cour nationale qui siégeait danscette ville, et condamnés à mort. Babœuf, pour éviter l’é-chafaud, se poignarda dans sa prison.
Si le Directoire parvenait fatalement à étouffer tout espritnational, à dominer les classes aisées de la société, à an-nihiler l’impulsion que la Montagne avait imprimée auxmasses, il n’en était pas de même à l’égard de l’armée, quiavait conservé dans toute leur pureté les idées républicaines.11 faut dire aussi qu’une des causes déterminantes de cette