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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
Égée, d’Ithaque. — Envoyé à Paris les chefs-d’œuvre deMichel-Ange, du Guerchin, du Titien , de Paul Yéronèse,du Corrège, d’Albane, des Carrache, de Raphaël , deLéonard de Vinci , etc., etc.
Si la France était triomphante au dehors, grâce au cou-rage des républicains qui composaient ses armées, par com-pensation elle était languissante au dedans et déchirée pardes factions. Aux bandes de chouans domptées par le généralIloche avaient succédé les compagnies de Jésus et du Soleil,les compagnies de chauffeurs, toutes composées de paysansfanatiques et commandées par des prêtres, par des noblesou par des jésuites. N’osant plus affronter les troupes répu-blicaines, les royalistes s’étaient faits voleurs et assassins ; ilsn’attaquaient plus au grand jour, ils se glissaient la nuit dansles habitations occupées par les acquéreurs des biens d’émi-grés, tuaient les domestiques, garrottaient les maîtres et leurbrûlaient les pieds jusqu’à ce que la douleur les eût contraints-de découvrir l’endroit où se trouvait leur argent. L’influencemonarchiste avait fait de tels progrès, que dans les Conseilsles députés démocrates ne pouvaient élever la voix contreles auteurs de ces atrocités sans exciter les clameurs force-nées des partisans de la famille déchue. Bientôt même lescontre-révolutionnaires se trouvèrent assez puissants pourfaire entrer au directoire, en remplacement de Letourneur,un monarchiste nommé Barthélemy.
Le nouveau Directeur se rallia à Pichegru, qui était à Paris ,réorganisa le club de Clichy , enrôla cinq ou six mille émi-grés rentrés en France , et marcha tête levée à une réactionroyaliste.