(XVIII. S.]
REPUBLIQUE FRANÇAISE.
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invita à se retirer. Ils conservèrent la même attitude. Unofficier reprit : « Grenadiers, en avant ! Tambours, lacharge! » Les soldats obéirent, mais avec hésitation, aveclenteur, et pénétrèrent dans toute la longueur de la salle enprésentant la baïonnette. Les députés, au lieu de fuir, de-meurèrent à leur place, attendirent les grenadiers, décou-vrant leur poitrine et faisant retentir les voûtes des crisde « Vive la République ! Mourons pour la liberté ! » Enfinune partie des représentants fut poussée hors de la salle ;ceux qui voulaient mourir sur leurs bancs furent empor-tés par les soldats, sans autre violence, sans injure, telle-ment la conduite des législateurs les avait frappés d’admi-ration.
11 était cinq heures et demie quand la salle fut totalementévacuée et fermée. Après la défaite des républicains, les con-jurés s’occupèrent de donner à leurs actes une apparence delégalité, et de faire approuver leur conduite par les débrisde cette même assemblée qu’ils avaient violemment expulsée.Lucien parvint à réunir dans l’orangerie de Saint-Cloud unetrentaine de députés, forma un simulacre de représentationnationale, et fit rendre les décrets suivants :
« Le Conseil des Cinq-Cents , considérant que le généralBonaparte , les généraux et l’armée sous ses ordres ont sauvéla République , déclare qu’ils ont bien mérité de la patrie.
» En outre, considérant la situation de la France , déclarel’urgence et prend les résolutions suivantes :
» 11 n’y a plus de Directoire . Une commission consulaireexécutive, composée des citoyens Sieyès, Roger-Ducos , ex-directeurs, et Bonaparte , sera chargée de la plénitude du