370
HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
où ces mots « hors la loi » faisaient tomber les têtes les pluschères à la patrie.
» Je vous déclare que ces furieux se sont mis eux-mêmeshors la loi par leurs attentats contre la liberté du Conseil.Au nom du peuple français , qui depuis tant d’années est lejouet de ces misérables enfants de la terreur, je confie auxguerriers le soin de sauver la majorité de leurs représen-tants, afin que, délivrée des stylets par les baïonnettes, ellepuisse délibérer sur le sort de la République .
«Généraux , et vous, soldats, vous ne reconnaîtrez pour lé-gislateurs que les députés qui vont se rendre auprès de moi :Quanta ceux qui resteraient dans l’Orangerie, que la force
les expulse!.Ces brigands ne sont plus les représentants
du peuple, ce sont les représentants du poignard! »
Bonaparte , dans sa harangue, reproduisit les mêmes me-naces, les mêmes ordres, les mêmes calomnies. Le généralSerrurier parcourut à son tour les rangs des soldats-, en ré-pétant : « Camarades, le Conseil des Cinq-Cents a voulu as-sassiner notre général. « Les soldats, abusés par cet odieuxmensonge, répondirent par les cris de a Vive Bonaparte! »Quelques agents de police, déguisés en ouvriers, mêlèrentleurs acclamations à celles des troupes, et ajoutèrent: a A» bas les Jacobins! A bas les 05! «
A ces clameurs succédèrent le roulement des tambours, le
bruit des armes, le pas de charge. L’ordre était donné
do faire évacuer la salle des Cinq-Cents. Des grenadiers en-vahirent le temple des lois, l’arme au bras; le général Le-clerc était à leur tête. Les représentants se placèrent aveccalme sur leurs sièges. Le commandant éleva la voix et les