(1806.]
HISTOIRE DE PIE VIL
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ritables motifs de sa conduite étaient dans le refus qu’avaitfait Joseph de recevoir la couronne de Naples en qualité devassal du saint-siègeet dans l’espérance qu’avait le pape devoir son ennemi écrasé par les armées coalisées de l’Angle-terre, de la Russie et de l’Autriche . La fameuse batailled’Austerlitz, gagnée par les Français , vint déti’uire ses il-lusions. Il chercha alors à regagner les bonnes grâces deNapoléon , et lui adressa de cauteleuses félicitations sur sanouvelle victoire. L’empereur répondit au souverain pon-tife : « Que s’il ne voulait point s’exposer à un rude châti-ment, il devait marcher dans une ligne droite, éviter ledédale de la politique, et ne pas se lier avec les puissanceshérétiques, qui étaient incapables de le protéger. »
« Toute l’Italie, ajoutait Napoléon dans une autre lettresur le même objet, sera soumise à ma loi; mais je ne tou-cherai en rien à l’indépendance du saint-siège. Je lui feraimême recouvrer les dépenses que lui occasionneront les mou-vements de mon armée, à la condition que votre Saintetéaura pour moi dans le temporel les mêmes égards que jelui porte dans le spirituel, et quelle cessera des ménage-ments inutiles envers des hérétiques ennemis de l’Église, etenvers des puissances qui ne peuvent lui faire aucun bien.Vous êtes le souverain de Rome; mais j’en suis l’empereur.Tous mes ennemis doivent être les vôtres. Il n’est donc pasconvenable qu’aucun agent du roi de Sardaigne , qu’aucunAnglais, Russe, Suédois, réside à Rome ou dans vos états,ni qu’aucun bâtiment appartenant à ces puissances entre dansvos ports. J’aurai toujours pour votre Sainteté la déférencefiliale que je lui ai montrée dans toutes les circonstances ; en