[1808.]
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Ceux qui vous tiennent un autre langage vous trompent etseront la cause de grands malheurs.»
Au lieu d’écouter la voix de la raison et de donner satis-faction à l’empereur sur les justes griefs qu’il lui signalait,le pontife entra dans un accès de rage à la réception de cettelettre; il assembla immédiatement le consistoire et annonçaaux cardinaux qu’il allait engager une lutte terrible avecla France , et qu’il ne la suspendrait qu’après avoir foulé auxpieds « le basilic. »
Napoléon , pour toute réponse, envoya des troupes quioccupèrent militairement la ville de Rome , puis il incorpora
dans ses régiments les soldats du pape, s’empara de la direc-
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tion des postes et des imprimeries, fit enlever les cardinauxétrangers, malgré les protestations du sacré collège, et lesfit conduire hors des états de l’Église. Sa Sainteté, de plus enplus exaspérée, envoya un bref comminatoire à l’empereurpour le menacer des foudres pontificales, s’il ne s’empressaitde rappeler ses troupes et d’implorer le pardon de sa con-duite passée. Napoléon punit l’outrecuidance de Pie VU enannexant au royaume d’Italie les plus belles provinces del’Église, la marche d’Ancône, les duchés d’Urbino , de Macé-ra ta et de Camerino.
Cet acte de vigueur imposa au pape ; pendant quelquesmois la cour de Rome n’osa faire aucune manifestationhostile à la France ; mais bientôt, sur la nouvelle des em-barras qu’éprouvait Napoléon dans sa guerre d’Espagne , lavieille audace de Pie Y1I reparut, et les brigues se renouè-rent plus vivaces qu’auparavant entre le cabinet de Saint-James, le cabinet de Vienne et celui du palais Quirinal . Par