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HISTOIRE DES PAPES.
[ 1815 .|
Cette bulle fut immédiatement expédiée en France avecles cierges de la Chandeleur que sa Sainteté envoyait à lafamille royale ; mais dans l’intervalle il s’était passé de sin-guliers événements. Napoléon avait quitté l’île d’Elbe , assi-gnée par les alliés pour sa résidence; il était débarqué surles côtes de France et avait reconquis son trône. Les Bour-bons s’étaient enfuis honteusement de Paris et s’étaient diri-gés vers la ville de Gand . Le souverain pontife éprouva unefrayeur extrême en apprenant ce retour inespéré de la for-tune de Napoléon; ne se croyant plus en sûreté à Rome , ils’empressa d’en sortir avec sa cour et gagna la cité de Gênes.Là, sa Sainteté reçut une lettre de l’empereur, modèle desagesse et de clémence.
« Très-saint père, écrivait Napoléon , vous avez apprisdans le cours du mois dernier mon retour sur les côtes deFrance, mon entrée à Paris et le départ de la famille desBourbons. La véritable nature de ces événements doit main-tenant vous être connue; ils sont l’ouvrage d’une puissanceirrésistible, l’ouvrage de la volonté unanime d’une grandenation qui connaît ses droits et ses devoirs. La dynastie queles baïonnettes étrangères avaient imposée au peuple françaisn’était plus faite pour lui. Les Bourbons n’ont voulu s’asso-cier ni à ses sentiments, ni à ses besoins, ni à ses mœurs ; lepeuple a dû se séparer d’eux. Sa voix appelait un libérateur,je suis accouru. Du point où j’ai touché le rivage, l’amour demes peuples m’a porté jusqu’au sein de la capitale. Le pre-mier besoin de mon cœur est de payer tant d’affection parle maintien d’une honorable tranquillité! Le rétablissementdu trône impérial était nécessaire au bonheur des Français ;