425
nourrice de Tivoli, remarquablement belle, attachée lafamille du camérier, et qui avait un instant attiré les regardsde sa Sainteté; qu’on blâme publiquement l’intempérance dusouverain pontife; qu’on l’accuse de vivre en épicurien, des’enivrer chaque soir avec du vin d’Orvieto , qu’il corrige,dit-il, avec du champagne pour en diminuer la force.
Mais ce qu’il nous importe surtout de faire connaître, c’estl’espèce de croisade religieuse entamée par la cour de Romecontre le nouvel ordre d’idées ; c’est le redoublement d’au-dace du clergé ultramontain; c’est l’appel brutal que le papevient de faire à la force pour étouffer les germes de la libertédans le cœur des peuples de l’Italie ; c’est l’exécrable bullerendue par Grégoire XVI contre les Israélites .
« Tous les Juifs, dit sa Sainteté dans l’édit que nous signa-» Ions , qui résident à Ancône et à Sinigaglia, ne pourront» plus recevoir de nourrices catholiques ni engager des» chrétiens à leur service, sous peine d’être'punis confor-» mément aux décrets pontificaux. Tous les Israélites devront» vendre dans un délai de trois mois leurs biens meubles» et immeubles, sinon ils seront vendus à l’encan. Aucun» d’eux ne pourra résider dans une ville sans l’autorisation» du gouvernement; en cas de contravention, ils seront ren-» voyés dans leurs ghettos respectifs. Aucun Israélite, ne» pourra coucher hors du ghetto, ni engager un chrétien à» coucher dans cette enceinte réprouvée; ni entretenir des» relations amicales avec les fidèles, ni faire le commerce» d’ornements sacrés ou de livres d’aucune espèce, sous» peine de cent écus d’amende et de sept années d’empri-» sonnement. Les Israélites en enterrant leurs morts ne