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X.
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[XIX. S.]

CONSULAT.

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Le 3 nivôse an IX, 24 décembre 1800, à huit heures dusoir, au moment où le premier consul traversait la rue Saint-Nicaise, et se rendait à l’Opéra, dans sa voiture, avec lesgénéraux Lannes, Berthier et Lauriston, pour assister à lapremière représentation de l’oratorio d’Haydn , une machineinfernale lit explosion, tua sept personnes, en blessa plusou moins grièvement vingt-cinq autres, et couvrit tous lesabords de débris. Quelques secondes de retard, et c’en étaitfait de Bonaparte .. Les conjurés avaient parfaitement com-biné leur plan, calculé les distances et l’instant précis où lavoilure devait passer près de la charrette où se trouvait lafatale machine. La seule chose qu’ils n avaient pu prévoir,était que ce jour-là le cocher serait ivre et lancerait ses che-vaux plus vivement que de coutume. Cette circonstance pré-serva le premier consul de la mort ; les glaces seules de savoiture furent brisées. 11 ordonna au cocher de continuer saroute, parut à l’Opéra, et se montra sur le devant de sa logepour rassurer les esprits, qui étaient en grande rumeur, parsuite de la nouvelle de l’attentat qui déjà était connue.

Après quelques instants donnés à cette démonstration pu-blique de tranquillité, il accourut aux Tuileries, où se pres-saient les personnages les plus inlluents de l’époque. Là, ils’abandonna à toute la fougue de son caractère et s’emportacontre les républicains, qu’il croyait les auteurs du complot;mais il ne tarda pas à revenir de ses injustes préventions. Ondécouvrit les coupables, qui étaient deux émissaires de lachouannerie et du cabinet de Saint-James, François Carbonet Saint-Régent, qui tous deux furent décapites.

Cette conspiration n’eut d’autre résultat que d’accroître la