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HISTOIRE DES PAPES.
[XIX. S.]
consul comprit que c était de ce prince dont Georges avaitvoulu parler, comme du chef mystérieux dont il attendaitl’arrivée, et résolut de le faire enlever.
L’exécution fut confiée aux généraux Ordoner et Caulain-court, et consommée dans la nuit du 23 au 24 ventôse an XII,15 au 16 mars 1803; le prince fut immédiatement dirigé surParis , déposé àVincennes, jugé par une commission militaire,convaincu d’avoir porté les armes contre la République ;d’avoir offert ses services au gouvernement anglais , d’avoirreçu et accrédité près de lui des agents britanniques; de leuravoir procuré des moyens de pratiquer des intelligences enFrance , et d’avoir conspiré avec eux contre la sûreté del’Etat ; de s’être mis à la tête d’un rassemblement d’émigrés etde bandits soldés par l'Angleterre, qui était réuni dans lespays de Fribourg et de Bade; d’avoir pratiqué dans la placede Strasbourg des intelligences tendantes à faire soulever lesdépartements circonvoisins; enfin, d’être l’un des fauteurset complices de la conspiration tramée par les Anglais contrela vie du premier consul ; en conséquence il fut condamnéà mort et fusillé dans les fossés du château de Yincennes.
Ayant échoué dans sa tentative homicide, le cabinet deLondres voulut au moins tirer parti des circonstances poursoulever l’Europe contre la France ; il soudoya les ministresdes cours étrangères, répandit des millions, et obtint quechaque puissance fît une démonstration au sujet de la mortdu duc d’Enghien. Le czar Alexandre, empereur de toutesles Russies , prit le deuil, et envoya une note à la diète deRatisbonne , accusant le premier consul d’avoir transgresséet violé le droit des nations, en faisant enlever sur le terri-