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(XLX. S.] CONSULAT. 441

secrètement sur Paris , Pichegru s’y rendait d’un autre côtéavec les Polignac, les Rivière , les Lajolais et quelques autresmisérables. Sur la frontière rhénane, le duc d’Enghien ,(ils du prince de Condé, réunissait d’autres complices etse préparait à entrer en France pour gagner la capitale etprendre la direction des assassins. Mais la Providence déjouales criminels desseins des royalistes; Bonaparte , poussé parune inspiration divine, ordonna la mise en jugement de cinqespions qui avaient été arrêtés dans les journées précédenteset qui se trouvèrent être du complot. L’un d’eux, nomméQuerelle, condamné à mort, demanda à faire des révélationspour racheter sa vie, et mit le gouvernement sur les tracesdes conjurés. Pichegru fut arrêté ainsi que Cadoudal , quel-ques autres de leurs affidés, et même Moreau, qui avait euplusieurs entrevues avec eux. Pichegru se pendit dans saprison, Moreau fut banni du territoire de la République ;Georges Cadoudal , qui était doué d’une énergie sauvage,dédaigna de sauver sa vie par un mensonge; il avoua qu’ilétait venu à Paris du consentement des princes français etdu ministère anglais pour tuer le premier consul et rétablirles Bourbons, mais qu’il ne devait agir qu’après l’arrivéed’un prince de cette famille dans la capitale. Du reste, il nenomma et ne compromit personne. Néanmoins la dernièrecirconstance de ses aveux éveilla l’attention de Bonaparte etle décida à faire vérifier la situation de tous les Bourbons. Lecomte de Provence et le duc d’Angoulême étaient à Var-sovie; le comte d’Artois, les ducs de Berry et d’Orléans , lesprinces de Condé et de Bourbon, à Londres , et le ducd’Engliien à Ëttenheim, à une marche du Rhin . Le premier