I
[XIX. S.]
443
toire germanique un prince de la maison de Bourbon. Leroi de Suède formula une note exprimant des griefs ana-logues ; l’empereur d’Allemagne n’osa pas se prononcer,mais il ordonna d’immenses préparatifs de guerre qui indi-quaient suffisamment ses intentions ultérieures.
Cette levée de boucliers et les proportions gigantesquessous lesquelles la guerre apparaissait à Bonaparte , lui firentcomprendre plus que jamais la nécessité d’anéantir une puis-sance qui était assez riche pour tenir à sa solde les ministreset les rois du continent; mais sentant également les diffi-cultés d’exécuter son projet de descente en Angleterre dansle moment où il allait avoir toute l’Europe sur les bras, ilchangea de tactique, prépara les plans du fameux blocuscontinental, et résolut d’employer ses armées pour forcerles rois à entrer dans ses desseins et pour les contraindre àfermer leurs ports aux Anglais , afin d’enlever à la Grande-Bretagne tous les marchés de l’Europe et tarir d’un seul coupla source de ses richesses. Avant de commencer la lutte,il songea à réaliser le dernier rêve de son ambition; il sefit proclamer empereur par un sénatus-consulte, le 20 flo-réal an XII, 18 mai 1804, sous le nom de Napoléon I er ; etcomme si ce n’eût pas été assez d’une couronne impérialepour son front, il voulut y joindre une couronne royale, etse fit offrir celle d’Italie par la République italienne .
Pitt, exaspéré de voir le résultat qu’avaient eu ses machi-nations pour la fortune de son ennemi, fit immédiatementsigner un traité d’alliance offensive et défensive à Saint-Pétersbourg, entre la Russie, l’Angleterre, la Suède , leroyaume de Naples et François II, empereur d’Allemagne ,