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HISTOIRE DES PAPES.

[XIX. S.]

qui venait d’ajouter à ses titres celui d’empereur héréditaired’Autriche, et qui avait pris le nom de François 1 er . Cettecoalition était la troisième que les Anglais organisaient contrela France depuis le renversement de la famille des Bour-bons. Napoléon avait fait ses dispositions dans la prévisiond’une guerre européenne, et se tenait prêt à tout événement.Néanmoins il ne voulut pas entamer les hostilités ni assumersur sa tête les conséquences d’une collision qui devait êtreterrible; il chercha au contraire à ramener le gouvernementbritannique à des sentiments pacifiques, et adressa au roiGeorges III la lettre suivante :

! « Monsieur mon frère, appelé au trône par la Providenceet par les suffrages du Sénat , du peuple et de l’armée, monpremier sentiment est un vœu de paix. La France et l’Angle-terre usent leur prospérité; elles peuvent lutter des siècles.Mais leurs gouvernements remplissent-ils bien leurs devoirs?Et tant de sang versé inutilement et sans la perspective d’au-cun but, ne les accuse-t-il pas dans leur propre conscience?Je n’attache pas de déshonneur à faire le premier pas; j’aiassez prouvé au monde que je ne redoute aucune chance dela guerre; elle ne m’offre d’ailleurs rien que je doive redou-ter. La paix est le vœu de mon cœur; mais la guerre n’a ja-mais été contraire à ma gloire.»

Le roi d’Angleterre se contenta d’envoyer à Napoléon unesimple note, dans laquelle il le nommait dédaigneusementchef du gouvernement français , et où il le prévenait qu’il luiferait une guerre à outrance parce qu’il était le représentantde la révolution française .

Napoléon leva immédiatement le camp de Boulogne ; en