[XIX. S.]
W9
Talleyrand, celle de Bénévent ; à Bernadotte , celle de Ponte-Corvo, et à d’autres encore, des duchés, des comtés, desbaronies. Il réédifiait en outre le système fédéral en Allema-gne, faisait décréter dans la célèbre diète de Ratisbonne , parquatorze princes électeurs, leur séparation absolue et per-pétuelle du corps germanique et leur réunion à la confédéra-tion du Rhin, sous son protectorat, et contraignait François II à abdiquer ses droits et privilèges comme empereur d’Alle-magne . Ainsi, partout il rétablissait le régime féodal, auquella France avait fait la guerre depuis plus de sept siècles, etque la révolution avait voulu effacer à jamais. Enfin, commesi ce n’eût point encore été assez, pour le malheur des peu-ples et pour sa propre ruine, il réimplanta sur le sol de l’Em-pire les domaines nobles et héréditaires de mâle en mâle,par ordre de primogéniture, et institua des majorats.
Ces créations, qui anéantissaient complètement le systèmede balance européenne , et mettaient en évidence l’ambitiondémesurée de Napoléon , jetèrent l’alarme parmi toutes lespuissances. L’Angleterre, qui travaillait déjà à soulever unenouvelle coalition, exploita habilement les craintes des roisde l’Europe , et les ameuta contre l’empereur. La Prusseentra la première dans la lice et déclara la guerre à la France .Napoléon quitta aussitôt Saint-Cloud , prit le commandementde son armée et marcha contre l’ennemi : il débuta par lesengagements de Schlertz, de Saalfeld, où les Prussiens per-dirent bon nombre de combattants ; ensuite il atteignit leprince Ilohenlohe dans les plaines d’Iéna , et mit en dérouteson armée, qui était composée de soixante-dix mille hommes.Le même jour, à six lieues de distance, le maréchal Da-