[XIX. S.]
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Dans l’intervalle, deux événements fort importants, et dontles conséquences devaient se faire sentir plus tard, venaientd’avoir lieu. Le républicain Bernadotte avait été proclaméprince royal de Suède par la diète de ce pays, et désignépour succéder au roi Charles XIII après sa mort. D’autrepart, le roi Napoléon-Louis Bonaparte avait abdiqué la cou-ronne de Hollande, pour ne point se trouver en lutte avecson frère, et pour ne point assumer sur sa tête la responsa-bilité des désastres dont son royaume se trouvait menacé parsuite des débats de la France et de l’Angleterre. Il en étaitrésulté que Napoléon avait réuni la Hollande à l’empire.
Les rois de l’Europe ne virent pas avec indifférence l’ex-tension prodigieuse que prenait la France . Alexandre, dontl’orgueil avait déjà été tant de fois humilié et qui n’attendaitqu’une occasion pour venger ses défaites, protesta le premiercontre les envahissements de l’empereur, et annonça qu’ilallait faire de grands armements, non pour attaquer, maispour se défendre. L’année entière se passa en négociations,soit de la France, soit de la Russie , soit de la Prusse, quise trouvant placée entre les deux terribles adversaires, crai-gnait d’être écrasée dans le choc et s’efforçait d’éviter unerupture, soit enfin de la Suède , qui désirant s’approprier laNorwège , offrait à l’empereur son alliance en échange del’abandon de ce pays et d’un subside. Napoléon exigea que leroi de Prusse cessât son rôle de médiateur et prît parti dansla lutte. Frédéric-Guillaume , qui redoutait encore plus l’em-pereur que l’autocrate de toutes les Russies , se rangea deson côté. Le roi de Suède , qui n’avait pu obtenir ses deuxdemandes, se déclara au contraire contre lui et signa un