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HISTOIRE DES PAPES.

[XIX. S.]

traité avec Ja Russie. Comme toujours, les Anglais se ral-lièrent aux puissances ennemies de la France , fournirentdes subsides, payèrent les armées, et se tinrent à l’écart,semblables à ces oiseaux de proie qui sont prêts à fondre surle champ de bataille après la victoire, pour se repaître del’odeur du sang et dévorer les cadavres.

La lutte cependant n’était pas encore ouverte; aucun desennemis n’osait donner le signal des combats; enfin, en ré-ponse à une note insolente qu’Àlexandre envoya à la courdes Tuileries, et dans laquelle l’autocrate réclamait l’évacua-tion de la Prusse, du duché de Varsovie et l’abandon deDantzick, Napoléon publia une déclaration formelle deguerre. II réunit aussitôt les nouvelles levées qu’un sénatus-consulte avait mises à sa disposition, s’achemina vers lesfrontières russes , à la tête de l’armée la plus formidable, laplus magnifique qu’eût jamais organisée aucun conquérant.L’ensemble des forces françaises ou alliées s’élevait à plusde cinq cent mille hommes et se composait de corps depresque toutes les nations de l’Europe ; en outre, l’arméetraînait après elle douze cents pièces de canon, trois millevoitures d’artillerie, quatre mille voitures d’administration,sans compter les fourgons pour les fourrages, les équipagesdes officiers; on faisait monter le matériel à vingt mille voi-tures et à deux cent mille chevaux. Mais, de tous ceshommes pleins de vie, qui marchaient à la suite du géantde la guerre, bien peu devaient revoir la patrie; le froid,plus encore que le fer des ennemis, devait faire tomber ceslégions invincibles qui avaient campé dans toutes les capi-tales de l’Europe; et la France allait avoir à enregistrer dans