[XIX. S.]
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l’exercice de 1815, un budget de onze cent cinquante mil-lions. Le Sénat ordonna une première levée de cinq centmille conscrits, et mit à la disposition du ministre de laguerre une seconde levée de cent quatre-vingt mille hommespour augmenter l’armée active. Indépendamment de cesrecrues, un décret impérial enjoignit à tous les Français ,de vingt ans à soixante, de se former en cohortes nationalespour la défense des villes.
De leur côté, les Russes et les Anglais pressaient les arme-ments de leurs alliés, intriguaient auprès des cours étran-gères, et répandaient l’or à pleines mains pour acheter desdéfections. Déjà Alexandre avait eu avec Bernadotte plu-sieurs entrevues, et l’avait entraîné par des promesses per-fides à prendre les armes contre la France . Le roi de Prusse,cédant aux suggestions du cabinet de Londres et à ses res-sentiments personnels, faisait également des levées de sol-dats et organisait son armée; l’empereur d’Autriche , sousprétexte d’offrir sa médiation, travaillait contre les intérêts deNapoléon ; le roi de Danemarckse déclarait pour la neutralité;les villes hanséatiques commençaient à s’agiter; l’Allemagne se prononçait contre l’occupation française; enfin l’Espagne continuait la lutte contre les généraux de l’empire. Étrangesituation! Cette levée de boucliers était encore la guerre desrois contre la révolution, la continuation de cette lutte ter-rible entre les deux principes de la démocratie et du despo-tisme , comme en 1792.
L’empereur, impatient de punir ses alliés parjures et detirer vengeance des trahisons, quitta Saint-Cloud le 15 avril1815 et se dirigea sur Leipsick, qui avait été évacuée par les