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HISTOIRE DES PAPES.

[XIX. S.]

attention ; mais le 16 l’embrasement devint général ; des tor-rents de flammes, poussés par un vent violent, se répandi-rent dans les rues, enveloppèrent la ville entière et l’englou-tirent dans un océan de feu.

Napoléon , privé du point d’appui sur lequel il avait établises principales combinaisons, se décida immédiatement àopérer sa retraite sur les frontières de la Lithuanie . Déjà ilétait trop tard ; les colonnes françaises atteignaient à peineSmolensk , qu’un vent glacial s’abattait sur l’armée commel’ange exterminateur, faisait sentir les rudes atteintes del’hiver, si terrible dans ces contrées, et tuait les chevaux etles hommes par milliers. Hélas! lorsque l’empereur repassale Niémen , il n’avait plus avec lui que trente mille soldats ! ! !Arrivé à Smorogny, il remit le commandement en chef auroi de Naples, et reprit la route de Paris , voyageant en traî-neau, sous le nom du duc de Vicence .

Pendant son absence, une tentative hardie avait failli luiravir l’empire. Un prisonnier d’état, le général Mallet, déjàcompromis pour une conspiration républicaine et qui setrouvait consigné dans une maison de santé, sans autre res-source que son audace et son génie, avait conçu le projet dorenverser le pouvoir colossal devant lequel l’Europe entièretremblait, et avait été au moment de réussir. Napoléon , deretour à Paris , se fit rendre compte de ce qui s’était passé,et gourmanda vertement les chefs du gouvernement de lafaiblesse qu’ils avaient montrée en cette circonstance. En-suite il s’occupa des moyens de reconstituer une armée pourrésister aux rois de l’Europe , qui préparaient une nouvellecoalition. Le Corps Législatif lui vint en aide et vota, pour