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[XIX. S.]

EMPIRE FRANÇAIS .

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devenu inévitable, malgré l’infériorité numérique de sestroupes, l’empereur n’hésita pas à livrer la fameuse bataillede Leipsick, qui commença le 17 octobre et dura trois joursentiers. Les deux premières journées la victoire resta fidèleaux aigles françaises; mais le manque de provisions deguerre et la trahison de l’armée saxonne et de la cavaleriewurtembergeoise, qui passèrent à l’ennemi, forcèrent Na-poléon à donner l’ordre de la retraite pour le lendemain,afin de gagner un dépôt pour réapprovisionner l’armée : onavait tiré plus de deux cent vingt mille coups de canon, etil ne restait plus de munitions que pour entretenir le feupendant deux heures.

Dans la nuit du 19, tous les parcs, les bagages, toute l’ar-tillerie, la cavalerie, la garde et les deux tiers de l’armée effec-tuèrent leur mouvement, de sorte qu’à la pointe du jour il neresta plus que l’arrière-garde, sous les ordres de Macdonald,Reynier, Lauriston et du prince Poniatowski. A ce moment,l’ennemi s’étant aperçu des dispositions des Français , lançades masses de cavalerie et d’infanterie pour couper la re-traite, qui s’opérait par le grand pont de l’Elster. L’arrière-garde fit bonne contenance et défendit pied à pied le terrain;mais un épouvantable incident vint mettre le comble auxmalheurs de cette journée. Le sapeur auquel avait été con-fié le soin de faire sauter le pont après que les dernièrescolonnes auraient entièrement défilé, trompé par la plusfuneste des méprises, en voyant tirer sur les Français duhaut des boulevards et des remparts, supposa que les en-nemis occupaient Leipsick et arrivaient sur le fleuve, et mitle l'eu aux fougasses. Le grand pont ayant sauté, quatre corpsx. 59