Band 
X.
Seite
462
JPEG-Download
 

*62

HISTOIRE DES PAPES.

[XIX. S.]

d’armée, qui se trouvaient encore au delà de l’Elster avecdeux cents pièces de canon, furent écrasés par les hordesrusses et prussiennes. Ces trois journées coûtèrent à la France plus de soixante mille braves tués ou prisonniers; la perte dela coalition ne fut pas moindre de quatre-vingt mille hommes.

Napoléon , après avoir payé un juste tribut de regrets auxvictimes de la bataille de Leipsick, et particulièrement aubrave Poniatowski, qui avait péri dans le fleuve en cherchantà le traverser avec son cheval, continua sa marche sur Er-furth. De là il se dirigea vers le Rhin et passa sur le ventrede soixante mille Autrichiens ou Bavarois qui cherchaient àfermer sa retraite. Le 1" novembre il arriva à Francfort , le 2il entra à Mayence , s’occupa d’établir les débris de son ar-mée sur les rives du Rhin : le 9 il était à Saint-Cloud .

Les rois alliés songèrent à profiter des avantages qu’ilsdevaient à des circonstances fortuites et en dehors de toutesles prévisions du génie; ils s’acheminèrent à leur tour versle Rhin, et développèrent sur les frontières de France desmasses qui formaient un ensemble de plus de onze cent millehommes.

Le projet des despotes ou plutôt celui de l’Angleterre,notre implacable ennemie, était d’envahir la terre sacrée dela liberté; et pour arriver à son but, la perfide Albion avaitsoudoyé les rois de toute l’Europe , prodigué les caresses,les menaces ; avait jeté des milliards en curée aux barbaresdu Nord. Cependant les rois hésitaient encore ; la présencede leurs innombrables cohortes ne suffisait pas pour les ras-surer; ils se rappelaient comment la France , en 95, s’étaitleyce pour repousser l’invasion étrangère, et ils redoutaient