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HISTOIRE DES PAPES.
[XIX. S ]
s’entretint familièrement avec les députés des différents corpsdes besoins de la France , censura les fautes des Bourbons,avoua noblement les siennes propres, et développa la nou-velle marche qu’il se proposait de suivre.
« J’ai été entraîné, dit-il, par les événements dans une fausseroute; mais, instruit par l’expérience, j’ai abjuré cet amour
de la gloire, si naturel aux Français !.Je me suis trompé
en croyant que le siècle était venu de rendre la France lechef-lieu d’un grand empire; j’ai renoncé pour toujours àcette haute entreprise; nous avons assez de gloire, il faut
nous reposer.En mettant le pied sur le sol de notre chère
patrie, j’ai fait le vœu de la rendre libre et heureuse; je ne
lui apporte que des bienfaits.Je ne veux point, comme
Louis XVIII , vous octroyer une Charte révocable; je veuxvous donner une Constitution inviolable, et qu’elle soit l’ou-vrage du peuple.Je vois que les idées libérales ont recon-
quis le terrain que j’avais fait gagner au pouvoir. Je ne cher-cherai point à le reprendre ; il ne faut jamais lutter contrela volonté d’une nation. Les Français seront contents demoi. Je sens qu’il y a du plaisir et de la gloire à rendre un
peuple heureux. Je donnerai des garanties à la France .
Je ne lui avais point épargné la gloire, je ne lui épargneraipoint la liberté.»
Il donna immédiatement un commencement d’exécution àses promesses en publiant plusieurs décrets impériaux quiabolissaient la noblesse, supprimaient les titres féodaux,remettaient en vigueur les lois des grandes assemblées na-tionales , et assignaient une convocation extraordinaire desdéputés de la nation, sous le nom de Champ de Mai.