[XIX. S.]
469
L’empereur quitta Lyon le 13, prit la route de la Bour-gogne, et s’achemina triomphalement vers Paris , escortépar les citoyens qui se pressaient en foule autour de lui.Quant aux Bourbons, ce brusque retour les frappa d’unesorte de vertige; vainement ils cherchèrent à déguiser leursappréhensions, et affectèrent de traiter d’aventurier le grandhomme que le peuple accueillait avec enthousiasme; les rangsde leurs défenseurs s’éclaircirent de jour en jour; bientôt ilsfurent contraints de gagner la frontière et de se réfugier àGand avec les couards et les misérables qui avaient trahi lacause sacrée de la patrie. Le jour de la fugue de Louis XVIII ,l’eirtpereur arriva à Fontainebleau à quatre heures du ma-tin; il en repartit dans la journée pour se rendre à Paris , oùil fît son entrée vers la fin du jour. Le lendemain il passa larevue des troupes, et immédiatement après il s’occupa desmesures à prendre pour réorganiser une armée capable derésister aux rois alliés.
Déjà tous les despotes s’étaient émus; déjà ils avaient misNapoléon au ban des nations, et avaient décidé qu’une coali-tion plus formidable que la première serait reconstituée pourle renverser du trône qu’il avait si miraculeusement relevé.
Pour arrêter ce déluge de barbares qui menaçait d’envahirla France , l’empereur comprit qu’il n’avait d’autre parti àprendre que celui d’attaquer séparément chacun de ses en-nemis, et il agit en conséquence. 11 déroba avec soin lesmouvements de ses divisions, rassembla vers un mêmepoint cent vingt mille hommes et trois cents bouches à feu,entra à leur tête en Belgique , et manoeuvra de manière à sé-parer les deux armées prussienne et anglaise. Son plan eutx. 60