HISTOIRE DES PAPES. [XIX. S.]
sèrent pas chômer un seul instant les fameuses cours prévô-tales de la restauration.
Indépendamment de ces sanglantes exécutions, le gouver-nement de Louis XVIII , qui semblait avoir pris à tâche devouloir soulever contre lui l’exécration du peuple, désorga-nisa l’Institut, licencia les élèves de l’école Polytechnique ,enleva aux écrivains et aux savants de l’empire les placesqu ils avaient acquises à l’Académie par de glorieux travaux,priva de leurs titres et dignités les maréchaux de France qu’ilsoupçonnait hostiles aux Bourbons, gaspilla deux cent trente-trois millions pour récompenser les services des émigrés,porta le budget à onze cent millions, et continua à fournirpendant trois années à l’armée d’occupation deux cent millerations par jour, et à lui compter cinquante millions annuel-lement pour frais d’équipements, qui étaient confectionnésen Angleterre. Enlin, les rois de la Sainte-Alliance, satisfaitsde letat d’abjection où ils avaient amené la France , déci-dèrent au congrès d’Aix-la-Chapelle , malgré les supplica-tions et les notes secrètes des ultra-royalistes, qu’ils aban-donneraient le territoire français .
Les soldats étrangers avaient à peine franchi les frontières,que la bourgeoisie, jusque-là comprimée par la terreur desbaïonnettes, commença à manifester des tendances libéralesdans les élections des nouveaux députés. Dès ce moment il yeut deux partis à la chambre, celui des ultra et celui deslibéraux, et la lutte fut entamée. La bourgeoisie voulait en-trer sérieusement dans l’exercice des droits que lui garan-tissait la Charte, et réclamait la liberté de la presse, un juryindépendant, l’administration municipale dotée d’attribu-