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HISTOIRE DES PAPES.
[XIX. S.]
se faire une idée et qui lui avait valu le surnom de Ventru.Aussi avait-il atteint un degré d’obésité tellement mons-trueux , qu’il ne pouvait plus faire usage de ses jambes, etque depuis plusieurs années il était obligé de se faire tramerdans un fauteuil mécanique pour se transporter dans ses ap-partements.
Dès que Louis XVIII eut fermé les yeux, la porte de lachambre.mortuaire s’ouvrit, et un laquais cria: « Le roi est» mort! Vive le roi! » C’était un des usages de cette vieillemonarchie qu’on voulait rétablir ; c’était le signal de la prisede possession du trône par monseigneur le comte d’Artois,devenu Charles X .
Le premier acte d’autorité du nouveau monarque surpritétrangement les esprits. Sa majesté, dont toute la France connaissait le caractère sombre et fanatique, décréta l’abo-lition de la censure. Il est vrai que bientôt on reconnut lemotif qui avait dicté cette mesure. Charles X avait voulu ac-quérir quelque peu de popularité pour se faire allouer dessubsides. Par cette tactique il obtint des chambres deuxmillions et demi pour faire transporter le cadavre deLouis XV1I1 le Ventru au charnier royal de Saint-Denis, etplus tard trois autres millions et demi pour les frais de lacérémonie de son sacre, indépendamment de vingt-cinq mil-lions de liste civile pour lui, et de huit autres millionspour les princes et les princesses du sang royal, et en outredes dix-sept millions du domaine privé ; ensuite, pour ras-surer les rois de la Sainte-Alliance sur cette apparence dezèle révolutionnaire, il fit rendre une loi qui permettait,en vertu d’une simple ordonnance, d’établir des commu-