DE BARBARIE. Liv. XXI. Ciiap. III.
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quante ans, la huitième année de fa derniere Vice-royauté , & fut enterré Sectiobfous le même dôme que son pere ; il laiífa deux fils , dont l’ainé, nommé v.Mahamed Bey , épousa l’année suivante la fille du fameux Corsaire Dragut, Histoirequi avoit été tué devant Malthe (*),• quant au second, qu’il avoit eu de la 1/t
fille du Roi de Couco, il le laiífa avec fa mere à Alger, quand il partit pour j e f.
Constantinople (a). _ zieme
Mahamed son successeur fit d’abord plusieurs choses pour le Bien public, ficelé.qui lui concilièrent l’affection des Algériens. Non seulement il fit revenir ^. lhail)etll’abondance dans le Pays, qui pendant quelque tems avoit souffert de la di- hì suc-*secte, mais il nettoya les chemins des Bandits, qui en étoient en grande par- cede.tie la cause, en sorte qu’il ne se passoit guere de jour sans qu’on en exécu-tât quelqu’un. II y trouva si peu d’occalion de faire valoir ses talens pourla guerre, qu’il passoit la plus grande partie du tems à la chasse, ou à pren-dre le plaisir du vol de l’Oiseau. La seule occasion qui l’appella hors d'Alger,fut une sédition à Constantine , Capitale de la Province de l’Est. Le Gou-verneur ayant voulu enlever par force une jeune fille à ses parens, les habi-tans avoient chassé toute la Garnison , à la réserve de quelques Turcs, quiavoient été tués dans le tumulte. La présence du Bâcha fit bientôt rentrerles mutins dans le devoir , mais on fut fort irrité de la sévérité à contre-tems dont il usa , en faisant vendre pour Esclaves tous ceuk des habitansqui tomboient entre ses mains ; au bout de moins d’un an elle lui coûta sonGouvernement , nonobstant les services signalés qu’il avoit rendus à la Ré-publique , outre ceux dont nous avons parlé. Ce fut à fa prudence & à sonadresse qu’on fut redevable de la réconciliation des Janissaires & des Levan-tins, qui formoient deux Corps séparés, & étoient toujours en querelle augrand préjudice de l’Ëtat ; il trouva moyen de les réunir en un seul corps.
C’étoit un trait de politique bien hardi, qui fraya le chemin à l’indépendan-ce de la République, & à ce degré de puislânee auquel elle s’éleva au-des-sus des autres Etats de Barbarie. II ajouta encore quelques fortificationsconsidérables â la ville & au Château , & sembloit n’avoir rien tant àcœur que de rendre Alger imprenable. Ce fut, selon toutes les apparen-ces, ce qui engagea la Porte, toujours jalouse de ses vassaux , à le priversitôt de son Gouvernement.
(») Ilaedo, Morgan & al.
Tan-
(») Ce jeune Turc, que Hassan avoit eu d’une belle Renegate Corse, cowmandoicUne grande Galere, qui lui appartenoit, au siégé de Navarin en Morée ; le Marquisde Sainte-Croix Général des Galères de Naples le poursuivit ; & comme ses Esclavesle baïsloient mortellement à cause de sa cruauté, ils ne virent pas sitôt les Napolitainsprêts à saborder , qu’ils se jetteront sur lui , & ie mirent en pieces avant que leMarquis fisc assez proche pour les en empêcher. 11 y a de l’apparence que la familledes Barberousses finit avec lui, car on ne trouve point que ni lui ni s° n "Ore ayentlaissé de postérité. Quant à son mariage avec la fille de Dragut , c’est Ilaedo , quinous l’apprend. Feriut, non feulement n’en dit rien , mais assure que Hassan son perel’avoit épousée; mais ce doit être une méprise de cet Historien d’ailleurs exact:., puis-qu’il l’appelle un jeune audacieux ; au-lieu que Hassan étoit êgé de vingt-buit anslorsqu’il fut nommé la premiere fois Bacha d’Alger, plus de vingt ans avant la mort
de Dragut fi). ,
(0 Lc tréma T. V. p. îtf. lUtda, íc Marin», vol, II, p. 4 ZL,