54<S HI-STOIRE DE L’ORDRE
Séctio» bras âô ses Freres, âgé de quatrevingts-ans, regretté d’eux & de tous les Chre-II. tiens, qui le regardaient à juste titre comme le plus pieux &. le plus grandOrigine , Capitaine de son tems (a).
Loix &c. Juger de Balben lui succéda par les suffrages unanimes de tout le Chapi-deMakhe tre ‘ ^ étoit de Dauphiné comme son illustre prédécesseur , son anciencompagnon d’armes, & révéré par fa prudence, ses avis étant même d’un2 . Au^er grand poids dans le Conseil du Roi. Peu après son élection il fut appellede Bal- au' Concile convoqué à Nazareth, au sujet du Schisme qui s’étoit élevé^ en ' dans l’Eglise entre le Pape Alexandre III. & l’Antipape Victor III. &leurs partisans. Le Grand-Maître contribua beaucoup par fa prudence &par fa dextérité à engager le Roi, le Patriarche & les Evêques à se décla-rer en faveur du premier, comme légitimement élu, & à excommunier Vic-tor. Le Grand-Maître ne fut ni moins habile ni moins heureux à termi-ner Tannée suivante le fameux différend qui s’éleva pour la succession à laCouronne, après la mort prématurée de Baudouin III, Le sage Augerre»présenta aux Grands qui y prétendaient, les fuites fatales de la divisionqu’ils entretenaient dans le Royaume. Accablé d’années il ne furvéquit quequelques mois au couronnement du nouveau Roi, & mourut dans la troisiè-me année de son Gouvernement (b).
Arnaud 11 eut pour successeur Arnaud De Comps, Chevalier d’une maison illustredans la Province de Dauphiné , & qui n’étoit pas moins âgé que son prédé-Comps. (-esseur. A peine ce nouveau Grand-Maître eut-il pris possession de fa di-• gnité, qu’il se vit obligé de s’avancer vers la frontière à la tête des Bospi-. . . . taìiers; il s’agissoit de s’opposcr au Calife Adhed, qui refusant de payer letribut auquel son prédécesseur s’étoit engagé envers Baudouin III. rava-geait les frontières de la Judée à la tête d’un grand corps de troupes. DeComps acquit beaucoup de gloire dans cette expédition. II mourut la quatriè-me année de son Gouvernement.
4 . Gilbert Sa place fut remplie par Gilbert D'AJsalit ou de Sailly , que la plupart des-D Aûilit. Historiens disent Anglais, mais fans preuves bien certaines. C’étoit bail-leurs un homme plein de valeur, hardi & entreprenant. Malheureusementil se laissa engager*, soit par complaisance, soit par ambition, d’assiíter le Roide toutes ses forces à porter la guerre contre les Sarrasins en Egypte. & ilemprunta dans ce dessein cent mille écus de la Banque de Florence. II eutle bonheur de se rendre maître de la ville de Belbeïs, l’ancienne Pelusium;mais, comme nousl’avons rapporté ailleurs, le succès n’ayant pas dans la fuiteÏIí5? ‘ répondu à ses vastes espérances, ni aux grandes dettes dont il avoit chargél'Ordre,' il renonça en plein Chapitre à fa dignité. S’étant embarqué à Jaffapour la France, il arriva en Provence & se rendit à Rouen, L malgré fadisgrâce il fut très-bien reçu de Henri IL Roi d’Angleterre. De-là il pritun Vaisseau à Dieppe pour passer en Angleterre , & il périt avec la,plupart des passigers. II avoit gouverné l’Ordre deux ans: on le blâma,avec raison de s’être engagé dans une guerre étrangère contre l’Institut deliOrdre, & d’avoir dissipé en peu de teins de grandes sommes (c).
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(fi) T. I. L. I. Bosso & al.iyjlìojh L.aï...
(e)Guil’. Ty. L. II. C. 5, Bosto V. O.