DE MALT II E. Liv. XXI. Cîiap. Vil. w
‘ Cajìus ou Gastus son successeur mourut au bout d’un an ,& l’on ne trou. Sectigsve pas qu’il se soit passé rien d’important pour l’Ordre durant ce tems-lá. ** II-II y a beaucoup d’apparence cjue le peu de succès que son prédécesseur avoir 0, 'S ,,e .eu en Egypte, l’empêcha d’affister le Roi de Jérusalem, qui cominuoit ] a jfst' & c -guerre, & faisoit le siégé de Damiete, où il échoua. deMarîh^
II eut pour successeur Joubert, distingué par sa piété & sa charité envers-
les pauvres, mais on ignore de quelle nation il étoit. L état du Royaume 2' < J ílslus *de Jérusalem étoìt alors des plus tristes par l’imprudence du Roi, & par la ben "valeur & les victoires de Saladin , desorte que les Templiers & les Hospi-taliers étoient continuellement à cheval contre les puissans ennemis duChristianisme. Le Roi vit bien que pour leur résister il avoit besoin denouveaux secours de l’Europe. II y envoya deux Ambassadeurs pour le sol-liciter , tandis qu’il se rendit en personne à Constantinople pour implorercelui de ['Empereur Grec. II laissa le Gouvernement de ses Etats aux deuxGrand-Maîtres. Dans ces entrefaites un Templier apostat, nommé Meíier,qui avoit joint ses forces à celles de Saladin, mettoit tout à feu & à sangdans la Syrie & la Palestine. Les Hospitaliers & les Templiers marchèrentcontre lui, & l’obiigerent de fe retirer dans les défilés des montagnes, &les Turcomans de lever le siégé d’Arac ou de Krach , dans le tems que JeRoi venoit d’arriver de Constantinople, où il avoit reçu plus d’fionneur &de promesses que de secours effectifs. Peu après un autre Templier , quis’appelloit du Mesnil, viola la Foi publique, en tuant un Ambassadeur duChef des Assassins au Roi de Jérusalem. Ce Prince fit enlever du Mesnil, &se proposoit d’en faire une justice exemplaire ; sa mort sauva la vie au pri-sonnier , mais son action ne laissa pas de faire beaucoup de tore à la réputa-tion des Templiers, tandis que celle des Hospitaliers augmentoit.
Àmaulry laissa le Royaume de Jérusalem à son fils Baudouin IV. qui étoitmineur, & bailleurs fort infirme, desorte que sous son régné les affairesdes Chrétiens empirèrent de plus en plus. Le Grand-Maître Joubert futtoujours constamment son ami & son appui tant dans la Palestine qu’enSyrie, & l’heureux Saladin fut même réduit à fe retirer à la hâte dans sesEtats, après avoir fait une perte considérable.
Mais Baudouin ayant entrepris de fortifier un Château fur les terres mêmesde Saladin, & de 1 autre coté du Jourdain, cela donna lieu à une nouvellebataille très-sanglante. L armée Chrétienne se trouva enveloppée de tous cô-tés, & fe débanda; il n y cut que les Hoípitaliers & les Templiers qui firentferme,la plupart furent taillés cn pieces. Joubert percé de coups,eut enco-re assez de forces pour passer le Jourdain à la nage, mais Odon, Grand-Maître des Templiers, resta prisonnier (a).
On peut juger de la consternation où se trouvèrent les Chrétiens; le Roi Concile &étoit retombé dans son infirmité ordinaire, qui avoit dégénéré en lepre ; Latraa.des deux Grands-Maîtres, l'crn étoit prisonnier des ennemis, & l’autre horsd’état d'agir à causo de ses bleílures. Dans ces circonstances le Pape Alexan-dre III. convoqua le troisième Concile de Latran ; plusieurs Prélats de i’O-xient y assistèrent. Ils firent des plaintes contre l’abus des privilège* des Hos-
C'O fiofio, Vcrtot. ^
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