8 LIVRE VIII.
cou, quatre-vingt mille hommes et beaucoup
de munitions.
Ce sacrifice fut voté sur-le-champ, sans dé-libération ; quelques-uns disent avec enthou-siasme , et qu’il fut exécuté de même, tant quele danger fut présent. D’autres n’ont vu, dansl’adhésion de cette assemblée à une proposi-tion .si extrême, que de la soumission; senti-ment qui, devant un pouvoir absolu, absorbetous les autres.
Ils ajoutent qu’au sortir de cette séance onentendit les principaux nobles murmurer en-tre eux contre l’exagération d’une telle me-sure. « Le danger était-il donc si pressant!» l’année russe, qu’on leur disait encore êtreu de quatre.cent, mille hommes, n’existait-elle» plus? Pourquoi donc leur enlever tant de» paysans ! Le service de ces miliciens ne serait,» disait-on , que temporaire ! Mais comment)> espérer jamais leur retour ? Il faudrait bien» plutôt le craindre ! Ces serfs rapporteraient-» ils des désordres de la guerre une même» soumission? non sans doute, ils en revien-» draient tout pleins de nouvelles sensationsa et d’idées nouvelles, dont ils infecteraient» les villages ; ils y propageraient un espriti> d'indocilité , qui rendrait le commandement» incommode, et gâterait la servitude. »
Quoi qu’il en soit, la résolution de cette as-semblée fut généreuse et digne d’une si grandenation. Le détail importe peu. Ou sait assez